Ici Mada, je vous raconte un peu?

lundi 2 février 2009

Dernière nouvelles...

Jeudi soir s'est passé dans la convivialité. Soirée douce dans la fatigue de longue journée. Quand on mèle le travail à la fatigue physique et mentale,tout ça devient difficile à gérer... mais tout allait bien. Le petit Lilian et Mireille, Pauline et son petit Ceylian, Anaike, Cédric et moi...

Vendredi, de nouveaux rebondissements nous attendent, nouvelles manifestations. La nuit courte, nous laisse penser qu'il faut rester chez moi, à Tana le soir et partir très tôt le samedi. Je pars travailler le matin. Les manifestations annoncées "à haut risque" doivent débuter le matin à 10h sur le chemin que nous devons emprunter. Je mange avec les filles à midi. Les organismes et les esprits sont fatigués. Mais ça va. Dans l'après midi, la fatigue montante et les rumeurs croissantes me font penser que malgré la galère de déplacer encore 7 personnes, il vaudrait mieux le faire le soir... Enervement et raz le bol mais cela permettra de se sentir bien le samedi et de se reposer. Après midi travail, interrompue pour déménager. Encore. En pick-up. Redescente de toutes les affaires de chez moi dans la voiture. Accompagnement chez Clark pour escorter Nat. Arrivée à la résidence. Repas entre amis. 

Anaike a appris ce matin, que l'Education nationale ordonait son rapatriement. Impossible d'y échapper. Ils lui font la promesse de report du stage... Je suis triste de la voir partir prématurément. C'est mieux pour elle, mais quelle frustration d'être confinée dans une résidence et dans quelques rues de Tana... Nous aurons passé une semaine étonnante ensemble. Notre premier coup d'Etat, comme elle dit. Ce qui est sûr, c'est que l'avoir ici, m'a permis d'avoir une partie de ma vie française. Donc un repère en cette période de troubles.

Bref, we "break". Vital. Récupération, piscine, amis... Nous sommes épuisés mais calmés et surtout statiques. Les nouvelles politiques arrivent doucement. Nous faisons un peu barrage. Il y a eu une autoproclamation d'un nouveau président qui appelle à l'arrêt des activités dans le pays.
Il y a ceux qui ne s'inquiètent pas... Dimanche, après un repas, un bain dans la piscine, nous partons Anaike, Cédric, Pauline et moi nous ballader sous une pluie naissante aux abords de la résidence. C'est la première fois que je pars à pied. J'ai eu tord d'attendre si longtemps. Les sensations d'une pluie africaine dans la tombée du jour après un après midi caniculaire. Un orage qui fait tomber les saletés de l'air et qui laisse une odeur de terre fraiche. La pluie cesse, nous continuons à nosu enfoncer. Les paysages sont tellement contrastés avec l'ambiance sécurisée et luxueuse de la résidence. Madagascar s'étalle devant nous. La terre rouge, la végétation luxuriante et verdoyante. Des carrières de roches. Des bassins artificiels qui en découlent. Des villages colorés faits de maisons modestes. Des enfants qui répondent à nos "Manaon' " avec de larges sourires. Une pauvreté éclatante. 
Des photos futures à couper le souffle :) 
Cette heure de ballade équivaut à un voyage rédempteur après les moments fous de cette semaine. 
Personnellement j'accuse la fatigue et j'ai du mal à lutter contre l'épuisement... mais je veux profiter d'Anaike qui part lundi matin. Son avion prévu à 9h à son check-in à 6h du matin. Nous partirons vers 5h30....
Dimanche soir est fait d'un repas avec Mireille Lilian, Pauline, Anaike et Cédric.
Discussion et attente de la suite des événements. Tout le monde souhaite une seule chose. La reprise de la vie normale. Le peuple souhaite garder le peu d'espoir qu'il lui reste que tout ne soit pas cassé. Les gens aspirent à relever la tête. 

L'ambassade envoie pour la première fois depuis le début de sa communication personnalisée, des nouvelles positives en ce dimanche. Que se passe-t-il vraiment?


Lundi matin. Ce matin. Lever à 5h. Départ pour l'aéroport d'Ivato. Arrivée sur place à 6h30. Le vol d'Anaike est annulé pour des raisons techniques, il est bloqué à la Réunion. Elle doit partir demain matin. Même heure. L'hébergement et les repas sont pris en charge par Cors'air. Après un café peu agréable à l'aéroport en attendant les "amis" d'Anaike, pas tous très doués ;) , nous repartons avec Cédric pour le travail. La fatigue me mine. Je suis les conseils avisés et me repose ce matin chez moi. C'est pas mon truc mais faut pas trop tirer sur la corde... Mais cet après midi je suis là :) 


J'espère pouvoir passer un moment avec Anaike ce soir. Le travail reprend de plus belle. Je vais récupérer, en même temps, je l'espère que Mada et ses conflits politico-sociaux qui semblent être en sourdine aujourd'hui. Sauf que aucune solution n'est clairement définie ni réjouissante. La seule, la moins grave serait que le président actuel reste et que la reconstruction soit en enclenchée immédiatement. En fait, que tout ça ait été fait pour RIEN!!
Les pénuries ont commencé dans certaines régions.  L'effondrement économique est proche.

Le couvre feu est fini depuis aujourd'hui. Possibilité de se déplacer librement depuis aujourd'hui.

A suivre...

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